Liberté et Internet : le coût d’une vie.

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Avez-vous partagé une vidéo sur votre page Facebook aujourd’hui, montré une photo à un ami que vous avez pris sur Google, ou encore fait la référence d’un article dans votre travail? Tout ce que nous utilisons, ce qui nous entoure et ce qui se trouve sur Internet fait partie de la question des droits d’auteur. Une question qui ébat les États-Unis plus que jamais.

Aaron Swartz, aurait rétorqué que la question des droits d’auteur n’est qu’un prétexte gouvernemental afin de contourner la loi sur les libertés d’expression.

La liberté d’expression est maintenant possible grâce à l’aire d’Internet, mais n’a jamais été en aussi grand dangerL’ouverture des conduits de communication à l’échelle mondiale permet la culture d’une nouvelle sphère publique, engendre des mouvements sociaux, mais qui surtout, et le certainement le plus dérangeant, concède à la revendication d’une réelle démocratie.

Les lois anti-piratage, bien que celles-ci soient supportées par beaucoup d’artistes et demeurent légitimes en soit, comportent un fardeau beaucoup plus complexe qu’il n’y parait. Avec ces lois, le gouvernement aurait la possibilité de contrôler l’information, fermer un site, dévier l’accès de certaines sources ou encore, poursuivre en justice quiconque montrant certains doutes quant à la duplication d’information.

En effet, une arme gouvernementale judiciaire qui pourrait entraver aux libertés d’expression pour un contrôle social plus efficient. Une entrave aux droits de l’homme, aurait clamé haut et fort le jeune militant Aaron Swartz, s’il était toujours en vie.

L’activiste de 26 ans a d’abord été porté disparu avant l’annonce de son suicide par la cohorte médiatique samedi le 12 janvier 2013. Aaron Swartz était poursuivi en justice depuis 2011 pour avoir téléchargé illégalement des millions d’articles scientifiques du site JSTOR. Étudiant à Harvard, son but était de les diffuser sur le web, militant contre les organismes qui font payer l’accès à ces publications scientifiques dont la plupart sont financées par des fonds publics.

Aaron Swartz luttait de part et d’autres contre les lois anti-piratage SOPA et PIPA, dans la crainte d’un filtrage de l’information web à l’échelle mondiale. Il réclamait le droits à un compromis de la part du gouvernent ou du moins l’ouverture à l’objection citoyenne. Or la méthode gouvernementale américaine l’indignait par sa méthode : une stratégie d’alliance entre le gouvernement et des puissantes compagnies. Des ententes à titre d’intérêts convergents, évidemment.

Or, selon, Alex Stamos, CTO d’Atemis Internet, le procureur américain aurait massivement surchargé ce jeune homme et il ne méritait pas un tel traitement, en plus d’avoir été hanté pendant des années par la possibilité d’une peine de 35 ans. Des éloquences sur l’opportunité des poursuites, dites comme viols aux droits d’auteur, exigent certes une plus profonde rétrospection quant à la mort de ce jeune activiste, luttant pour le libre-échange d’informations sur la toile.

Les ennemis pour une connexion libre ne sont pas disparus pour autant. À l’étranger, plusieurs régimes autoritaires utilisent la compagnie Blue Coat Systems offrant « des fonctionnalités particulières qui permettent de filtrer, censurer, et surveiller » l’information des citoyens sur Internet.

Des pays autoritaires comme la Russie, la Chine, le Venezuela, l’Irak, l’Afghanistan, la Syrie, la Corée du Sud et beaucoup d’autres, laissent place à de sérieux doutes quant aux raisons légitimes de l’engagement d’une telle compagnie par le gouvernement local. Les remises en question sur les violations des droits de l’homme sont aux premiers abords. Surprise, Blue Coat Systems, est une entreprise américaine.

Certaines sources révèlent qu’Aaron Swartz aurait été en contact avec Julian Assange et serait l’une des sources de WikiLeaks. Tandis qu’on s’interroge sur les hautes mesures de précaution de Julian Assange pour les menaces de peine de mort reçues des États-Unis pour avoir publié des secrets diplomatiques sur le Web, pour certains, la mort d’Aaron Swartz demeure toujours suspecte.

Si la mort du jeune Aaron Swartz reflète le désillusionnement de la société démocratique qu’il imaginait, mes plus sincères condoléances sont souhaitées à sa famille et ses amis. En espérant que son espoir ne s’éteigne pas, il demeure un combattant des États-Unis, de ceux qu’on appelle les vrais soldats.

Voici une vidéo d’Aaron Swartz où il explique par le biais d’une expérience personnelle les enjeux du contrôle d’Internet. 


Jessika-Kina Ouimet

Références:

http://www.lemonde.fr/technologies/article/2013/01/18/la-technologie-de-filtrage-d-internet-de-blue-coat-systems-amie-des-regimes-autoritaires_1818875_651865.html

http://www.lemonde.fr/technologies/article/2013/01/21/wikileaks-dit-croire-qu-aaron-swartz-etait-l-une-de-ses-sources_1819778_651865.html

http://www.lemonde.fr/technologies/article/2013/01/12/suicide-d-aaron-swartz-activiste-a-l-origine-du-format-rss-et-de-reddit_1816246_651865.html

http://unhandled.com/2013/01/12/the-truth-about-aaron-swartzs-crime/

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