Business is Business : Bell a su gagner astucieusement…

amioipdc-1Pendant que certains se réjouissent au lendemain de la décision du Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC) pour l’acquisition d’Astral par Bell,  il s’agit d’un jour triste pour les consommateurs du Canada.

En octobre dernier, le CRTC avait rejeté la transaction, inquiet de la position trop dominante qu’occuperait Bell sur le marché, soustraite au pauvre régime de libre concurrence. Or, il ne suffit pas plus de deux tentatives pour faire craquer le CRTC. Bell a su expliquer dans le plus charmant des jargons économiques que cette transaction serait pour le meilleur intérêt des canadiens.

Tandis que certains font médecin pour sauver des vies, d’autres comme Bell, Quebecor, Rogers, et Shaw détiennent plus de 86% des parts du marché de câblodistribution et de diffusion par satellite « pour l’intérêt de la population ».  Peu d’offreurs pour beaucoup d’acheteurs, un juste exemple pour nous rappeler les caractéristiques d’un marché oligopolistique.

La concentration des médias est une tendance qui se fait de plus en plus forte,  ce genre d’investissement permet de jouer sur les coûts  de production et d’influencer les taux publicitaires. En faisant ce qu’on appelle une convergence verticale, Bell détient une position de force par rapport aux plus petits fournisseurs et aux consommateurs. Rappelons que Bell n’est pas en peine, il est le premier fournisseur de services Internet au Canada et le deuxième de services sans fil.

Par conséquent, si le prix de votre forfait augmente, Bell vous répondra que c’est parce que vous avez plus de choix maintenant. Sous cette réserve, Bell poursuit un modèle économique obsolète qui réduit les choix des consommateurs et forces les abonnés à payer pour des contenus qu’ils ne désirent pas. Il semble que la priorité de Bell est plutôt de recevoir le plus d’argent possible.

Bien que le CRTC s’engage à protéger l’intérêt public en imposant certaines conditions à la transaction,  il touchera tout de même une somme de 246,9 millions payé par Bell, une sorte de «taxe de bienvenue». Business vous avez dit?

Le Canada est le pays où le marché des médias est le plus concentré parmi les pays du G8 (soit les États-Unis, le Japon, l’Allemagne, la France, le Royaume-Uni, l’Italie et la Russie). Les canadiens ont besoin d’un réseau plus compétitif des médias et plus de choix dans leurs services, pas de grandes sociétés de télécommunications cajolées par des réglementations chétives.

C’est en se prononçant face au contrôle des grandes entreprises de télécommunications comme Bell et la concentration des médias que nous construirons une démocratie canadienne forte dans laquelle la diversité des voix est encouragée.

 

Jessika-Kina Ouimet

Advertisements

Leave a Reply

Fill in your details below or click an icon to log in:

WordPress.com Logo

You are commenting using your WordPress.com account. Log Out / Change )

Twitter picture

You are commenting using your Twitter account. Log Out / Change )

Facebook photo

You are commenting using your Facebook account. Log Out / Change )

Google+ photo

You are commenting using your Google+ account. Log Out / Change )

Connecting to %s